Les verrues au niveau de l’anus sont des condylomes anaux, ils sont liés à une infection par HPV. A noter qu’ils sont appelés aussi papillomes ou de façon plus familière « végétations vénériennes » ou « crêtes-de-coq ». Ces condylomes sont des excroissances de la peau qui se situent autour de l’anus ou dans le canal anal.
Elles apparaissent comme des sortes de verrues, de couleur blanchâtre, rosée ou grisâtre, à surface dentelée, leur taille pouvant varier de l’équivalent d’une tête d’épingle jusqu’à plusieurs centimètres.
Ces lésions peuvent être visibles sur la marge anale (peau autour de l’anus) ou se développer plus profondément dans le canal anal, ce qui nécessite un examen plus spécifique pour les détecter.
Origine et mode de transmission
Les condylomes sont dus à une infection par le Papillomavirus humain (HPV), le mode de transmission est essentiellement un contact direct, lors d’un rapport sexuel. Cela touche plus de 2 % de la population sexuellement active sur la tranche d’âge de 20 à 30 ans et le temps d’incubation (entre le contact et l’apparition visible de condylome) est classiquement de 2 à 6 mois, mais peut être beaucoup plus long. Il arrive que le virus reste latent dans la peau (sans lésion visible) et que les condylomes apparaissent en « réactivation ».
Les symptômes
Souvent peu ou pas de symptômes spécifique (fatigue plus intense), visible si externe, sinon nécessite un examen en proctologie par anuscopie. Dans certains cas, on peut avoir un prurit anal (démangeaison) ou des traces de sang à l’essuyage.
Le traitement
- Si les condylomes se limitent à la marge anale, on peut envisager un traitement local. La première intention est souvent la crème d’Imiquimod (immunostimulante), efficace dans environ 50 % des cas après plusieurs mois de traitement. Son inconvénient est qu’elle peut être irritante pour la peau.
- D’autres traitements locaux possibles tel que l’application de Podophyllotoxine, la cryothérapie à l’azote liquide, ou destruction par brûlage sous anesthésie locale si lésions peu nombreuses et de petite taille.
- Si les condylomes sont volumineux ou nombreux : on envisage l’exérèse chirurgicale (électrocoagulation, bistouri électrique ou laser), souvent sous anesthésie.
Les risques
- Le taux de récidive après traitement est élevé (environ 50 %).
- Le fait d’avoir eu des condylomes anaux augmente le risque de cancer de l’anus (multiplié par ~10) dans certains contextes.
La prévention
- Il n’existe pas actuellement de traitement antiviral général efficace contre les condylomes.
- La vaccination HPV est la seule prévention fiable pour les jeunes de moins de 26 ans, quelque soit leur sexualité.
