FAQ Papillomavirus
L’association NO TABOO répond à toutes vos questions relatives aux papillomavirus humains. L’ensemble des éléments ci-dessous a été validé auprès du corps médical.
En cas de question spécifique, vous pouvez utiliser notre formulaire de contact ou prendre rendez-vous pour un échange téléphonique confidentiel.
1. Généralités, transmission & idées reçues
Que veut dire HPV ?
En effet, HPV est l’abréviation de Human PapillomaVirus (papillomavirus humains). Il s’agit d’une famille de virus courants qui se transmettent très facilement, quasiment exclusivement par contact sexuel avec ou sans pénétration. Hommes et femmes peuvent être exposé(e)s à une infection aux HPV quelle que soit leur sexualité. Il s’agit de l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente.
Comment attrape-t-on le papillomavirus, comment se transmet le papillomavirus ?
Les papillomavirus sont très contagieux, ils se transmettent par contact peau à peau lors des relations sexuelles, même sans pénétration. Dans la plupart des cas, l’infection va disparaître spontanément dans les 12 mois mais dans 10 % des cas le virus reste dans l’organisme.
Combien de temps met le papillomavirus à se déclarer ?
Il faut quelques jours pour que le virus traverse l’épithélium, s’accroche à la paroi et se réplique. Entre l’infection et le cancer, les délais sont de 15 à 20 ans selon les personnes et souvent cette période est asymptomatique. C’est pourquoi l’importance du dépistage, quand il est possible, est primordiale car il permet d’intervenir avant que la lésion n’évolue.
Quels sont les organes qui peuvent être touchés par les HPV ?
Les HPV sont responsables de différents types de cancers : d’une part les cancers ano-génitaux (col de l’utérus, anus, pénis, vulve, vagin) et d’autre part les cancers ORL (oropharynx, cavité buccale, larynx).
Quelles sont les mesures à prendre pour les personnes qui partagent le foyer d’une personne touchée par les HPV si elles ne sont pas vaccinées ?
Il n’y a pas de mesures spécifiques à mettre en place. En effet, nous n’avons ni étude ni preuve robuste d’une possible contamination due au virus en milieu extérieur, la quasi-totalité (> 99 %) des infections se faisant par contact direct lors de rapports ou caresses.
Peut-on attraper des virus HPV à la piscine ?
À la piscine, il est possible d’attraper des verrues bénignes (mains, pieds). Ce sont des virus HPV cutanés distincts qui, en revanche, n’entraînent pas de cancer.
Une infection HPV signifie-t-elle qu’une personne a été infidèle ?
Absolument pas. Le virus peut en effet rester dormant de nombreuses années dans l’organisme avant de se réactiver ou d’être détecté.
Peut-on être contaminé aux HPV en partageant sa brosse à dents, sa bouteille ou sa cuvette de toilettes ?
Non. La transmission des HPV muqueux nécessite un contact direct et intime de peau à peau ou de muqueuse à muqueuse.
2. Prévention & vaccination
Doit-on avoir la même surveillance lorsque l’on a été vacciné ?
Oui, les recommandations de dépistage du cancer du col de l’utérus restent les mêmes chez les personnes vaccinées et non vaccinées. Par conséquent, la vaccination et le dépistage constituent deux stratégies de prévention complémentaires.
Peut-on se faire vacciner après un traitement de cancer HPV ?
La vaccination est dans ce cas hors parcours, parlez-en avec votre médecin conseil. Néanmoins, certains pays ont recommandé la vaccination post-conisation (après traitement des lésions précancéreuses).
Comment évoquer les HPV avec un ado ?
Il est conseillé de l’aborder de manière pédagogique, sans tabou ni dramatisation, dans le cadre de la prévention globale des IST et de la vaccination recommandée dès 11 ans.
Pourquoi faire vacciner mon enfant et à quel âge ?
Il est recommandé de faire vacciner son enfant dès 11 à 14 ans révolus afin de garantir la meilleure réponse immunitaire possible avant toute exposition au virus.
Le vaccin HPV a-t-il fait ses preuves ?
Oui. Avec plus de 15 ans de recul et des centaines de millions de doses administrées, il démontre une efficacité supérieure à 90 % contre les lésions précancéreuses.
En pratique combien cela coûte et à qui m’adresser ?
Le vaccin est pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie (le reste étant complété par les mutuelles). Il est accessible auprès de votre médecin, de votre sage-femme ou directement en pharmacie.
Quels sont les effets secondaires de la vaccination ?
Les réactions se limitent généralement à des effets légers au point d’injection (douleur, rougeur) ou à une fièvre passagère.
Le vaccin a-t-il des effets indésirables ?
Les études de pharmacovigilance mondiale confirment un profil de sécurité très élevé, sans surrisque démontré de maladies auto-immunes.
Quel est le taux de vaccination dans les autres pays ?
Plusieurs pays ayant mis en place une politique de vaccination scolaire (tels que l’Australie, le Royaume-Uni, le Portugal ou la Suède) atteignent des taux de couverture supérieurs à 80-90 %.
3. Dépistage & examens de santé
Peut-on via une prise de sang, détecter la présence du HPV ?
Un taux élevé d’un marqueur tumoral ne permet pas de poser forcément le diagnostic d’un cancer. À l’inverse, un taux normal n’exclut pas sa présence. C’est pourquoi le recours à des marqueurs tumoraux se limite strictement à l’évaluation de l’efficacité des traitements, une fois le diagnostic posé.
Est-ce que le HPV est détectable dans les tests de dépistage des cancers colorectaux ?
Le test Hémoccult vise à découvrir la présence de saignements invisibles à l’œil nu dans les selles pour le dépistage du cancer du côlon ou du rectum. Cet examen ne permet toutefois pas de détecter un cancer provoqué par les papillomavirus.
Que veut dire CIN pour les lésions ?
CIN signifie Néoplasies Cervicales Intraépithéliales. Ce terme classe la gravité des lésions du col de l’utérus en CIN1 (bas grade), ainsi qu’en CIN2 et CIN3 (haut grade).
Quels sont les symptômes ou signes d’une infection aux HPV qui doivent vous alerter ?
Les infections sont souvent asymptomatiques. Les principaux signes d’alerte incluent des saignements anormaux, des douleurs, des nodules, des verrues anogénitales ou des symptômes ORL persistants de plus de 3 semaines.
4. Types de HPV & Risques oncogènes
Quels sont les HPV les plus dangereux ?
Les HPV 16 et 18 sont les plus oncogènes et les plus fréquemment impliqués dans les cancers. D’autres souches à haut risque incluent les types 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58 et 59. En revanche, les HPV 6 et 11 sont à bas risque oncogène mais provoquent les condylomes.
Peut-on avoir 2 fois le papillomavirus ?
Il est effectivement possible d’avoir plusieurs fois des lésions dues aux HPV. Avoir développé des lésions précancéreuses confère un risque durablement plus élevé d’en développer d’autres en cas de réexposition.
Peut-on mourir du cancer du col de l’utérus ?
Les cancers du col de l’utérus touchent près de 3 000 femmes et causent environ 1 100 décès chaque année en France. L’association IMAGYN peut vous accompagner et vous soutenir sur ces questions.
Est-ce que tous les HPV sont à risque de cancer ?
Non. Seules certaines souches dites à haut risque oncogène (comme les HPV 16 et 18) peuvent évoluer vers un cancer.
5. Cancers HPV induits & stades
Est-ce que les cancers HPV induits peuvent faire des métastases ?
Les cancers HPV induits peuvent dans certains cas devenir métastatiques, c’est-à-dire se propager à d’autres parties du corps telles que le poumon, le foie, le cerveau ou les os.
Y a-t-il un facteur héréditaire à développer un cancer lié aux HPV ?
Les cancers provoqués par la famille des virus HPV sont d’origine virale. Par conséquent, ils ne présentent aucun caractère héréditaire.
Que signifient les lettres T, N et M pour les cancers ?
TNM est la classification internationale du stade du cancer : T pour Tumeur primitive, N pour Ganglions régionaux (Nodes) et M pour Métastases.
| Tumeur (T) | Ganglions (N) | Métastases (M) |
|---|---|---|
| Tx : Tumeur primitive non évaluable T1 : Tumeur ≤ 2 cm T2 : Tumeur > 2 cm et ≤ 5 cm T3 : Tumeur > 5 cm T4 : Tumeur envahissant 1 ou plusieurs organes voisins |
Nx : Ganglions non évaluables N0 : Pas d’adénopathie régionale N1 : Adénopathies péri-rectales N2 : Adénopathies unilatérales iliaques internes / inguinales N3 : Adénopathies bilatérales |
Mx : Métastases non évaluables M0 : Pas de métastase à distance M1 : Métastases à distance |
Exemple de classification TNM du canal anal (Source : FMCGASTRO.org)
Quels sont les protocoles de traitements des cancers HPV induits ?
Les traitements combinent généralement la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie (ou radiochimiothérapie combinée) et parfois l’immunothérapie.
C’est quoi un carcinome ou un adénocarcinome ?
Un carcinome se développe dans le tissu de recouvrement (épithélium), tandis qu’un adénocarcinome est un carcinome qui se développe aux dépens d’un tissu glandulaire.
6. Séquelles, traitements chirurgicaux & vie quotidienne
Qu’est-ce qu’une conisation ?
C’est une intervention chirurgicale consistant à enlever un fragment de col de l’utérus en forme de cône pour traiter des lésions précancéreuses (CIN2/CIN3).
Qu’est-ce qu’une stomie, anus artificiel ou poche anale ?
Il s’agit d’une dérivation chirurgicale d’un conduit digestif ou urinaire à la peau, permettant l’évacuation des selles ou des urines dans une poche spécifique.
Qu’est-ce qu’une glossectomie ? Qu’est-ce qu’une trachéotomie ?
La glossectomie correspond à l’ablation partielle ou totale de la langue. La trachéotomie consiste quant à elle en une ouverture de la trachée pour assurer la respiration.
Peut-on avoir des rapports sexuels lorsque l’on a une infection HPV ?
Oui, mais il est recommandé d’en parler ouvertement avec son partenaire. Le préservatif offre une protection partielle utile.
Une question spécifique non abordée ?
N’hésitez pas à contacter l’association NO TABOO via notre formulaire de contact ou à prendre rendez-vous.
Les informations présentes sur cette page sont régulièrement mises à jour en fonction des avancées scientifiques. Parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de la santé.
