C’est quoi HPV ?
Essayons de répondre à vos questions sur le Papillomavirus (HPV). Transmission, risques oncogènes, vaccins et méthodes de dépistage : on fait le point sans filtre.
C’est quoi HPV ?
Une grande famille de virus
Les Human Papillomavirus (HPV) sont une très grande famille de virus. Ils sont classés selon leur tropisme (types cutanés ou muqueux) et leur potentiel oncogène (risque de cancers).
Étant donné que la contamination aux HPV s’effectue par les muqueuses (muqueuse <-> muqueuse ou muqueuse <-> peau <-> muqueuse), c’est l’IST (infection sexuellement transmissible) la plus répandue.
80 % de la population sera en contact avec ces virus, souvent dès les premières années de la vie sexuelle.
Toutefois, l’organisme a la capacité de neutraliser les virus. Ce n’est néanmoins pas le cas pour nous tous : pour 10 % des individus, le virus reste dans l’organisme, pouvant entraîner à moyen terme des lésions précancéreuses qui, sans traitement, évoluent lentement et silencieusement vers des cancers.
Les HPV sont responsables de plus de 90 % des cancers du col de l’utérus, et également des cancers du vagin, de la vulve, du pénis, de l’anus, ainsi que des voies aéro-digestives supérieures (VADS) telles que l’oropharynx, la cavité buccale et le larynx.
Le risque de contamination aux HPV peut toucher tous les individus, hommes ou femmes, quelle que soit l’orientation sexuelle. C’est pourquoi la prévention aux HPV doit être l’affaire de tous.
« Le cancer consécutif à une infection à HPV apparaît généralement entre 15 et 20 ans après l’infection. »
Source : Panorama des cancers en France édition 2025 (INCa)
Protection HPV
Prévention et préservatif
Effectivement, le préservatif reste un moyen efficace et indispensable dans la prévention des IST. Néanmoins, il faut souligner qu’il reste insuffisant dans le cas précis du HPV du fait que les papillomavirus peuvent se transmettre par de simples caresses.
Stratégie vaccinale
Notons que la vaccination reste la stratégie de prévention la plus efficace. C’est pour cela que la vaccination est fortement recommandée pour les jeunes filles et les jeunes garçons entre leurs 11 ans et la veille de leurs 20 ans (rattrapage jusqu’à 26 ans révolus pour tous les jeunes).
Le schéma vaccinal dépend de l’âge :
- De 11 à 14 ans révolus = en 2 injections, espacées de 6 à 13 mois.
- À partir de 15 ans = 3 injections sont alors nécessaires.
Il existe plusieurs vaccins :
- Le vaccin bivalent CERVARIX® du laboratoire GSK (actif contre les HPV 16 & 18).
- Le vaccin nonavalent GARDASIL® 9 du laboratoire MSD (actif contre les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 & 58).
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande que toute nouvelle vaccination soit initiée avec le vaccin Gardasil® 9 pour les personnes non antérieurement vaccinées.
Depuis le 1er janvier 2023, la vaccination contre les HPV est possible directement en pharmacie avec ou sans l’ordonnance de votre médecin.
Enfin, il est important de rappeler que la vaccination ne se substitue pas à un suivi médical. Jusqu’ici, la couverture vaccinale reste encore très faible en France, notamment chez les jeunes garçons.
Vigilance HPV
Puisque les symptômes relatifs au développement du virus ne sont pas systématiquement identifiables, il est important de consulter en cas de présence d’une ou de plusieurs petites verrues sur les parties génitales ou l’anus. Après quoi, un traitement approprié sera mis en place.
Types de HPV à haut et bas risque oncogène
Parmi les HPV, ceux à haut risque oncogène :
- HPV 16 : col de l’utérus, vulve, vagin, pénis, anus, cavité orale, oropharynx et amygdales.
- HPV 18 : col de l’utérus.
- HPV 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59 et potentiellement 26, 53, 66, 67, 38, 70, 73, 82 : col de l’utérus.
Il ne faut pas oublier que certains HPV sont à bas risque oncogène. Par exemple, l’infection aux HPV 6 et 11 peut provoquer l’apparition de tumeurs bénignes ou condylomes (verrues) de la sphère anale et génitale. Toutefois, celles-ci peuvent être invalidantes, nécessiter un traitement long et récidiver fréquemment.
Répartition des cancers HPV induits
À noter que 7 130 cancers sont liés aux HPV chaque année en France (chiffre 2025) et que près de 30 % touchent les hommes.
| Zones concernées | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
| ORL, oropharynx, cavité buccale, larynx | 1 530 cas par an | 480 cas par an |
| Pénis, vulve, vagin | 120 cas par an | 250 cas par an |
| Col de l’utérus | N/A | 2 900 cas par an |
| Anus | 450 cas par an | 1 400 cas par an |
Données octobre 2025
Les HPV sont également responsables d’environ 100 000 condylomes (également appelés verrues ano-génitales) et de 30 000 lésions précancéreuses par an.
Dépistage par zones concernées
| Zone | Modalités de dépistage |
|---|---|
| ORL (Oropharynx, cavité buccale) |
Il n’y a pas de dépistage systématique de ces types de cancers. Les tests proposés sont soit un frottis avec brossage amygdalien, soit un bain de bouche ou un prélèvement salivaire. Toutefois, ces techniques ne donnent pas des résultats optimaux. |
| Canal anal (anus) | Une consultation chez un proctologue ou gastro-entérologie permet de réaliser un toucher rectal et une anuscopie. Cela est recommandé annuellement pour les populations à risque (VIH, immunodéprimées, transplantés), et vivement conseillé pour tous dès un symptôme persistant plus de 3 semaines. Il est à noter que les examens de dépistage des cancers colorectaux restent essentiels, mais ne permettent pas de détecter la présence du HPV. |
| Col de l’utérus | Un suivi gynécologique est recommandé, permettant de réaliser à intervalle régulier : – un examen cytologique, qui s’intéresse à la morphologie des cellules, à réaliser tous les 3 ans pour les femmes entre 25 et 29 ans, – un test HPV-HR, qui cherche la présence du virus HPV à haut risque, à réaliser tous les 5 ans pour les femmes âgées de 30 à 65 ans. Enfin, l’auto-prélèvement vaginal (APV) peut être proposé comme une alternative afin de faciliter le dépistage des femmes qui n’auraient pas accès à un suivi gynécologique régulier. |
Précision sur les analyses sanguines et marqueurs tumoraux
En ce qui concerne les analyses sanguines, il existe des marqueurs tumoraux. Néanmoins, un taux élevé d’un marqueur tumoral ne permet pas de poser forcément le diagnostic d’un cancer. À l’inverse, un taux normal d’un marqueur tumoral n’exclut pas la présence d’un cancer. C’est pourquoi le recours à des marqueurs tumoraux se limite donc uniquement à l’évaluation de l’efficacité des traitements, une fois le diagnostic posé.
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