Agir avant, pendant et après
Les PapillomaVirus Humains (HPV) concernent près de 80 % des personnes au cours de leur vie. À chaque étape, des moyens existent pour se protéger, dépister et prendre en charge. On fait le point sans filtre.
Prévention primaire : éviter l’infection avant qu’elle ne s’installe
La vaccination HPV
La vaccination permet au système immunitaire de fabriquer des anticorps protecteurs contre les souches les plus dangereuses des papillomavirus (responsables de cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, de la gorge ainsi que des verrues anogénitales).
- Filles et garçons (11 à 14 ans révolus) : schéma à 2 doses (espacées de 6 à 13 mois).
- Rattrapage (15 à 26 ans révolus) : schéma à 3 doses pour tous les jeunes.
⚠️ « Le vaccin ne sert plus à rien si l’on a déjà commencé sa vie sexuelle »
La vaccination reste très utile et recommandée après le début de la vie sexuelle (jusqu’à 26 ans révolus). Même si l’on a pu être exposé à un type de papillomavirus, le vaccin protège contre les autres souches virales contenues dans le vaccin et auxquelles on n’a pas encore été confronté.
Pourquoi recommander la vaccination dès 11 ans ? C’est à cet âge que le système immunitaire offre la meilleure réponse immunitaire (production maximale d’anticorps), garantissant une protection optimale avec seulement 2 doses.
⚠️ « Le préservatif me protège à 100 % des papillomavirus »
Contrairement à ce que l’on pense pour d’autres IST (comme le VIH ou les chlamydiae), le préservatif ne protège pas totalement contre les papillomavirus.
Les papillomavirus se transmettent par simple contact de la peau et des muqueuses sur des zones non recouvertes par le préservatif (vulve, scrotum, périnée, région anale). Si le préservatif reste indispensable pour prévenir les autres IST, seule la vaccination constitue le bouclier spécifique contre les papillomavirus.
⚠️ « Réaliser régulièrement un bilan ou dépistage d’IST en laboratoire suffit »
Faire des bilans d’IST régulièrement est une excellente démarche pour le VIH, la syphilis, la chlamydia ou la gonorrhée. Cependant, ces bilans classiques en laboratoire ne détectent pas les papillomavirus.
Les papillomavirus se logent localement sur la peau et les muqueuses (col de l’utérus, anus, oropharynx, etc.) et ne se recherchent pas par une simple prise de sang ou un bilan sanguin/urinaire classique. Le dépistage du HPV nécessite des prélèvements locaux spécifiques (frottis / test HPV du col de l’utérus, examen proctologique, etc.).
Prévention secondaire : dépister tôt pour agir à temps
La prévention secondaire cherche à détecter la présence du virus ou de lésions précancéreuses avant l’apparition de symptômes ou d’un cancer. Actuellement, elle concerne essentiellement le dépistage du cancer du col de l’utérus, mais elle se met également en place pour le dépistage du cancer de l’anus auprès des populations particulièrement à risque.
Dépistage du col de l’utérus :
| Âge | Examen recommandé | Fréquence |
|---|---|---|
| 25 à 30 ans | Examen cytologique (frottis classique) | 2 tests à 1 an d’intervalle, puis tous les 3 ans si normaux. |
| 30 à 65 ans | Test HPV (détection de l’ADN viral) | Tous les 5 ans si le résultat est négatif. |
Dépistage du cancer de l’anus :
Il s’adresse spécifiquement aux populations vulnérables ou à haut risque :
- Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH)
- Personnes immunodéprimées (notamment vivant avec le VIH)
- Personnes greffées (sous traitement immunosuppresseur)
Et pour les autres zones ?
Pour la gorge, la vulve, le vagin ou le pénis, une consultation rapide est conseillée en cas d’apparition de verrues (condylomes), de boutons suspects, de saignements anormaux ou encore de symptômes persistants plus de 3 semaines.
Prévention tertiaire : soigner, accompagner et réadapter
Prise en charge des lésions et suivi global
Lorsque des lésions ou des condylomes sont diagnostiqués, la prévention tertiaire vise à limiter les complications et préserver la qualité de vie :
- Traitement des condylomes : application de crèmes médicales, cryothérapie ou laser.
- Traitements des lésions précancéreuses : interventions ciblées (ex. conisation) pour prévenir l’évolution vers un cancer.
- Soutien : accompagnement par des professionnels (sexologues, psychologues, kinésithérapeutes pelviens) pour aborder sereinement les suites sur la santé intime et mentale.
Des questions spécifiques sur les papillomavirus ?
Retrouvez toutes les réponses à vos interrogations dans notre FAQ dédiée aux papillomavirus.
